Vivre ensemble – élections départementales canton d’Etain

vivre ensembleA 6 jours du premier tour des élections départementales, les professions de foi des candidats sont arrivées dans toutes les boîtes aux lettres.

Je vous propose une réflexion quant au « vivre ensemble » sur le canton d’Etain (Meuse) sans dévoiler les noms des candidats ni de leur parti politique afin de ne pas influencer les votes. Tout ce qui suit ne concerne que le canton précité et ne peut être généralisé à toute la France.

Je veux donner mon avis de citoyen sans aucun parti pris.

Le contexte local

Le nouveau canton d’Etain regroupe l’ancien canton de Fresnes-en-Woëvre dans sa totalité (5 077 habitants, 32 communes) et une partie de l’ancien canton d’Etain (5 446 habitants, perte de 16 communes sur 26 initialement).

Quatre binômes se présentent dans cette nouvelle configuration dont les deux conseillers généraux sortants des deux anciens cantons.

Au premier regard

Deux styles de tract s’opposent.

D’un côté, des papiers plutôt faits maison et imprimés par une entreprise locale.

De l’autre, des papiers plus professionnels, stylisés et aux couleurs de leur parti mais imprimés où ? On ne sait pas. Le vivre local ne semble pas dans leurs préoccupations.

Où sont les photos ?

Les photos permettent d’identifier les candidats, ce qui semble primordial au niveau local, et peuvent ainsi amener les électeurs aux urnes. Tout comme sur les sites internet, une publication avec une photo attirera plus les lecteurs qu’un texte non illustré.

Étrangement, un des tracts ne comporte aucune photo des candidats. Un autre ne présente que le binôme principal mais pas les suppléants. Comment les électeurs peuvent-ils s’imaginer les candidats sans les voir ?

Des candidats sans parcours.

Alors qu’il est de tradition de décrire en quelques lignes les parcours des candidats sur les tracts, un des quatre binômes déroge à la règle en ne présentant que les photos et identités du couple de candidat. Rien n’apparaît sur leur parcours (âge, profession,…). Comment susciter l’intérêt des électeurs si aucune information sur les candidats n’est divulguée ?

Maintenant je vais rentrer dans le vif du sujet, que proposent-ils ? Que nous disent-ils ? A deux mois des attentats de Charlie Hebdo, reste-t-il un sentiment de vivre ensemble ?

Le vivre ensemble dans les programmes.

Afin de garder l’anonymat des candidatures, je vais nommer les quatre binômes respectivement par les lettres A, B, C et D.

Candidats A :

  • Ils récapitulent tout ce qu’ils ont fait sur leur précédent mandat. On est loin de l’humilité des candidats. On ressent beaucoup de fierté, c’est bien mais à faible dose.
  •  Ils émettent beaucoup d’opposition aux politiques européennes et nationales. Les électeurs n’attendent pas des oppositions systématiques mais des solutions réalistes et réalisables.
  • Aucunes allusions sur le vivre ensemble.

Candidats B :

  • Ils mettent en avant les préoccupations des citoyens locaux.
  • Ils ne proposent pas de solutions très précises. Ils restent dans des généralités.
  • Ils expriment le vivre ensemble par le bienfait des associations.
  • Ils se disent unis par un esprit d’indépendance mais qu’en sera-t-il de leur travail collaboratif avec les autres conseillers départementaux ?

Candidats C :

  • Ils critiquent le parcours des deux conseillers sortants sans être constructif. La critique gratuite n’a aucun intérêt et favorise l’absentéisme aux élections.
  • Ils proposent quelques actions précises pour le département et le canton. Ils prennent également en compte les particularités de ces derniers.
  • Ils expriment tout de même un esprit de vivre ensemble par les expressions « tous ensemble » et « travail collectif », ce qui va à l’encontre de leurs critiques envers les trois autres couples de candidats.

Candidats D :

  • Le discours est d’ordre national et peu adapté au canton ou même au département. C’est un programme généraliste sans fait concret. Ce texte semble être rédigé pour tous les candidats de toute la France et donc inadapté aux spécificités locales.
  • Opposition systématique aux autres partis.
  • Pas d’actions précises pour le canton, ni le département.
  • Le sentiment de vivre ensemble et de dialogue avec les autres candidats ne semble pas les concerner.

Finalement le vivre ensemble n’apparaît que trop rarement dans les discours de ces quatre binômes. Comme je le pressentais dans mon article précédent, la guerre des partis, des idées prends le dessus sur l’union nationale, le vivre ensemble, le travail d’équipe.

Nous, les électeurs sommes les recruteurs de nos futurs représentants, en quelque sorte nos futurs employés. Nous sommes comme leurs patrons. Ils doivent donc, par leur discours et leurs actes, montrer qu’ils sont capables de travailler en équipe et de favoriser le vivre ensemble dans cette nouvelle entreprise qu’est le conseil départemental.

Julien Didry, Maire de Bras-sur-Meuse a écrit dans son blog :

… sur certains sujets essentiels, il n’y aura pas d’autres choix que de s’entendre.

 

Rémy MANDIT

Conseiller en insertion professionnelle et Concepteur développeur web. Passionné de l'image et du tir sportif.

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